
Ces derniers mois, que dis je,... ces dernières années, en préparant mes expositions et en mettant à jour mes tarifs, une question est revenue avec insistance.
En réalité, c’est une question qui me poursuit depuis mes débuts et qui ne cesse de ressurgir.
Comment fixer un prix juste pour une impression photographique ?
J’ai fini par comprendre qu’il n’y avait pas une seule réponse, mais plusieurs manières d’aborder cette tension entre accessibilité et légitimité. C ’est ainsi que j’ai choisi de distinguer trois approches dans mon travail.
D’un côté, les Open Editions Fuji, pensées pour être abordables, sans certificat, et permettre à chacun d’ entrer dans mon univers.
À l’autre extrême, mes tirages d’art sur Hahnemühle, signés, numérotés et accompagnés d’un certificat, remis uniquement en main propre. Ces éditions limitées assument pleinement leur statut d’œuvres rares et sont en plus tirées par mes petites mains.
Puis, entre les deux, et c' est nouveau, les formats expo encadrés, proposés lors des exposition ou salons, pour celles et ceux qui souhaitent une œuvre prête à accrocher.
Le prix, entre accessibilité et valeur
Fixer un prix n’est jamais anodin.
Derrière une photo, il n’y a pas seulement du papier ou de l’encre : il y a des heures de tests, de recherche et de travail en atelier, il y a des échanges avec d’autres créatifs, des expérimentations, et surtout, il y a un regard, une démarche, une histoire singulière.
Un prix, c’est donc aussi une manière de dire : mon travail a une valeur.
La légitimité et la peur de demander trop ou trop peu
Je me suis souvent trouvée face à un dilemme : « demander trop » et risquer de fermer l’accès à mes images, ou « demander trop peu » et dévaloriser mon travail. C'est évident qu'il faut trouver un équilibre. Une question amplifiée par l’inflation, la hausse du prix des papiers, des encres et du coût de la vie en général.
En tant qu’artiste, je dois couvrir mes frais, mais aussi assurer la viabilité de ma pratique. Vendre moins cher serait peut être séduisant pour mon client , mais ce serait intenable pour moi sur le long terme.
Nombre d’impressions et rareté
La valeur d’un tirage repose aussi sur sa rareté. Pour mes éditions limitées, j’ai choisi de fixer le nombre à 50 exemplaires. Cela reste suffisamment accessible, tout en donnant à chaque image une valeur de collection. Pour certaines œuvres, j’en ai déjà vendu plusieurs – ce qui renforce encore leur rareté pour les prochains acheteurs.
Il existe aussi d’autres possibilités dans le tirage d’art.
Par exemple, pour les très grands formats, je délègue l’impression à un labo coup de cœur, qui offre une qualité exceptionnelle que je ne peux pas produire moi-même en atelier. Ces tirages, deviennent ainsi ma gamme premium : plus rares, plus coûteux, mais aussi plus prestigieux.
Au finale, j’ai choisi cette triple approche :